Dans le cadre de la mise en œuvre de sa politique de consolidation de la paix sociale, le Ministère de la Cohésion Nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté a organisé, le mercredi 22 avril 2026, la Journée des alliances interethniques à Bédiala (département de Daloa) sur l’esplanade de la sous-préfecture.
Portée par la Direction Générale de la Cohésion Nationale et mise en œuvre par la Direction de la Cohésion Sociale, cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale de prévention des conflits et de renforcement du vivre-ensemble. Elle intervient dans un contexte marqué par les tensions intercommunautaires survenues en décembre 2024, auxquelles le Gouvernement apporte une réponse structurée, durable et ancrée dans les réalités locales.
La forte mobilisation des autorités administratives, des chefs traditionnels, des guides religieux, des élus, ainsi que des femmes, des jeunes et des leaders communautaires, a traduit l’adhésion des populations à cette dynamique de paix. Les communautés Gouro, Malinké, Baoulé, Sénoufo, Dan-Wê, ainsi que les ressortissants de la CEDEAO vivant à Bédiala, ont pris part activement à cette journée placée sous le signe du dialogue et du rapprochement.
Placée sous le thème « Les alliances interethniques, socle de la cohésion sociale à Bédiala », la rencontre a mis en lumière la pertinence et l’actualité des mécanismes traditionnels dans la prévention et la gestion des conflits.
Au nom de la Ministre, la Directrice Générale de la Cohésion Nationale, Marie Kouadio Koné, a situé les enjeux de cette initiative. Elle a rappelé que cette action s’inscrit dans la continuité des réponses apportées par le Gouvernement aux événements de décembre 2024, avec pour objectif de consolider durablement la paix. Insistant sur la nécessité de s’appuyer sur les ressources culturelles des communautés, elle a souligné que ces mécanismes, loin d’être dépassés, constituent aujourd’hui des instruments puissants de régulation sociale. Elle a exhorté les populations, notamment les Gouro, peuple hôte, à se réapproprier pleinement ces valeurs coutumières, véritables garantes de stabilité. « Là où les alliances vivent, les conflits reculent. Là où elles sont entretenues, la paix s’installe durablement », a-t-elle affirmé, formant le vœu de voir Bédiala s’imposer comme un modèle en matière de cohésion sociale.
Dans la même dynamique, la Directrice de la Cohésion Sociale, Sidibé Salimata Makinfeh, a souligné que « cette journée traduit la volonté du Ministère d’ancrer les actions de cohésion sociale dans les référents culturels des communautés ». Elle a précisé que « la réactivation des alliances interethniques ne relève pas seulement de la tradition, mais constitue un outil opérationnel de prévention des conflits et de renforcement de la confiance entre les populations », avant d’insister sur la nécessité d’en assurer la transmission aux jeunes générations.
Représentant le Préfet du Haut-Sassandra et du département de Daloa, le Sous-préfet de Bédiala, Kouassi Hamed Kouadio, a pour sa part, rappelé que la cohésion sociale repose sur un engagement quotidien, fondé sur des valeurs partagées et des efforts collectifs. Il a souhaité que cette journée marque un tournant dans le renforcement de l’unité entre les différentes communautés.
Au-delà des allocutions, la journée a été rythmée par des interventions d’experts en traditions, véritables gardiens de la mémoire sociale. Le chef central des Sénoufo a évoqué le rôle déterminant des alliances interethniques dans la résolution de crises passées, notamment à travers les liens établis avec des communautés alliées comme les Yacouba et les Gouro. Il a reconnu que, malgré certaines limites observées, ces mécanismes demeurent aujourd’hui essentiels pour consolider la paix.
Dans la même dynamique, le représentant de la communauté Dan a illustré la portée symbolique de ces alliances, expliquant que la simple présence d’un allié peut suffir à désamorcer une tension. Il a également rappelé les pratiques traditionnelles, telles que les pactes anciens et les rites symboliques impliquant cola, kaolin et rameaux, qui matérialisent les engagements de non-agression entre communautés.
La suite de la cérémonie a donné de voir la cohésion sociale dans sa dimension la plus concrète. Les témoignages autour du jeu des alliances ont permis de partager des expériences vécues et de renforcer la compréhension collective de ces mécanismes. La présentation et la dégustation des mets traditionnels entre alliés ont offert un moment de communion, où les symboles ont pleinement traduit l’esprit de fraternité.
Au terme de l’activité, les leaders communautaires ont pris l’engagement de promouvoir activement ces mécanismes traditionnels dans leurs espaces respectifs, contribuant ainsi à inscrire durablement la paix dans le quotidien des populations.
À Bédiala, cette initiative illustre avec force une conviction du Ministère qui souhaite que lorsque les politiques publiques s’appuient sur les ressources culturelles des communautés, elles produisent des résultats concrets et durables. Ici, la paix n’a pas seulement été proclamée, elle a été vécue.