La Sous-Préfecture de Bagohouo dans le département de Duékoué a été le théâtre d’un affrontement violent survenu le 21 février 2026 entre jeunes autochtones et allochtones. Le bilan fait état d’un mort et d’importants dégâts matériels. Face à l’urgence de la situation, la Ministre de la Cohésion Nationale, Belmonde DOGO a dépêché sur place une délégation de la Direction de la Prévention et de la Gestion des Conflits. Conduite par Marie Kouadio Koné, Directrice générale de la Cohésion Nationale, cette mission s’y est rendue le mercredi 25 février pour comprendre les causes profondes de ce drame et apporter une assistance immédiate aux victimes.
Dès leur arrivée, les émissaires du ministère, conscients des risques de nouvelles confrontations ont opté pour l’organisation de « focus groupes » séparés permettant à chaque communauté de s’exprimer sans crainte.
Dans un premier temps, la mission s’est entretenue avec la communauté autochtone. Représentants de jeunes, femmes et chefs traditionnels ont tour à tour exprimé « sans faux-fuyants » leurs frustrations, griefs et craintes. Le même exercice a été reproduit avec les populations allochtones offrant ainsi aux deux parties une opportunité de parole depuis le drame.
Au terme de ces séances d’écoute, Professeur Bamba Abdoulaye, Directeur de la Prévention et de la Gestion des Conflits, au nom de la cheffe de délégation a lancé un appel au dialogue. Jouant la carte de l’impartialité, il a exhorté les sages des deux communautés à prodiguer des conseils de paix aux jeunes afin que la violence ne soit plus jamais un mode d’expression dans la résolution des différends. « Verser le sang de celui qui t’a accueilli n’est pas une bonne chose. Faites en sorte que plus jamais de tels événements ne se reproduisent et que la cohésion qui a toujours existé demeure dans cette localité » a-t-il déclaré.
La perte en vie humaine du côté autochtone a été enregistrée avant les actes de représailles aggravant ainsi la situation. En plus de cela, l’interpellation de 23 jeunes autochtones par les forces de l’ordre a suscité le mécontentement au sein de leur communauté.
Dans le souci de décrisper l’atmosphère, le Ministre Serey Doh Célestin, Président du Conseil Régional du Guémon est intervenu. Après négociations, il a œuvré à la libération des mis en cause, une démarche vivement saluée par la population de Bagohouo.
Présent aux côtés de la délégation ministérielle, l’élu local a profité de l’occasion pour adresser un message ferme aux siens. « Notre démarche rejoint celle du Ministère de la Cohésion Nationale. Je demande à mes frères de ne plus se rendre justice, quelle que soit la situation. Face à un conflit, vous devez vous référer aux forces régaliennes, compétentes pour rétablir l’ordre au sein des populations », a-t-il martelé. La même recommandation a été réitérée au camp allochtone qui dit prendre acte de cet appel.
Au-delà du dialogue, la visite a également été marquée par un élan de solidarité. Les affrontements ont laissé derrière eux des habitations et des greniers incendiés faisant de nombreux sinistrés.
Conformément à la politique de solidarité du gouvernement, la délégation a procédé à la remise d’un important don composé de vivres, de non-vivres et de numéraire. Cette aide vise à soulager les familles ayant tout perdu dans ces affrontements.
Dans le même élan de compassion, la délégation du Ministère de la Cohésion nationale, accompagnée du président du Conseil régional du Guémon, s’est rendue au chevet de la famille éplorée pour lui apporter réconfort et soutien en ces moments douloureux.
Pour l’heure, le calme est revenu à Bagohouo. Les autorités et les sages des deux communautés sont appelés à relever ensemble le défi d’une paix durable.
Pour rappel, les violences seraient parties d’un incident survenu la veille impliquant l’arrachement d’une moto appartenant à un habitant allochtone selon des sources locales.