05 mois après les violences ayant endeuillé la localité de Nahio (Département d’Issia), la sous-préfecture a abrité les 11 et 12 mars 2026 un dialogue intercommunautaire. L’objectif de cette rencontre initiée par le Ministère de la Cohésion Nationale à travers sa Direction de la Cohésion Sociale est de panser les blessures de ce conflit survenu lors de la présidentielle d’octobre 2025 et reconstruire une paix durable.
Élus, cadres, chefs traditionnels, guides religieux, leaders communautaires, femmes et jeunes se sont réunis pour se parler franchement afin de renouer ensemble avec les valeurs de tolérance, de pardon et de solidarité.
Pour faciliter la libération de la parole, les participants ont été répartis en groupes distincts : les chefs traditionnels et guides religieux, les élus, cadres et fonctionnaires, ainsi que les femmes et les jeunes. Sur la base d’un questionnaire commun, les travaux de l’atelier visaient à identifier les causes des conflits, proposer des solutions et prendre des engagements.
La phase de restitution a mis en lumière un diagnostic. Parmi les facteurs de menace à la cohésion, les populations ont relevé entre autres, le non-respect des traditions, l’intoxication dans la communication, le sentiment d’impunité, les conflits fonciers avec les allogènes et les tensions entre agriculteurs et éleveurs. A ceux-ci, s’ajoutent des maux beaucoup plus sensibles notamment la scission du marché, cause d’une fracture entre les communautés à Nahio.
Face à ce constat, les porte-paroles des forces vives représentées ont notamment insisté sur la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation à la paix et au vivre-ensemble et d’organiser des sessions d’information à l’endroit des communautés étrangères sur le respect des dispositions foncières en Côte d’Ivoire.
Au-delà des doléances, les communautés ont pris des engagements dans le sens de promouvoir activement le vivre-ensemble, de privilégier systématiquement le dialogue pour régler les différends et d’appliquer les résolutions issues de ces deux journées de travail.
A l’issue des travaux, Sidibé Salimata Makinfeh, Directrice de la Cohésion Sociale, représentante de la Ministre de la Cohésion Nationale a salué la « maturité » des échanges avant de livrer un message ferme à la jeunesse le plus souvent impliquée dans les conflits intercommunautaires. « Refusez toute instrumentalisation par des acteurs politiques. Rejetez la violence comme mode d’expression ou de revendication. Engagez-vous résolument dans les initiatives de développement et de paix. Soyez des citoyens responsables et respectueux des lois, des us et coutumes. Appropriez-vous les valeurs civiques et démocratiques ».
Ce dialogue intercommunautaire intervient à la suite d’un conflit lié à la tenue de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Ce conflit a fait plusieurs morts et d’importants dégâts matériels.