Les acteurs de la cohésion nationale réunis en atelier à Grand-Bassam les 16 et 17 juillet 2026 ont mené une réflexion sur une réforme majeure du Programme d'Appui au Renforcement de la Cohésion Nationale et de la Réconciliation (PARCNR). L'objectif est de transformer ce projet en un outil stratégique au service de la paix et la cohésion sociale en Côte d'Ivoire.
Après quelques années d’actions en faveur de la paix et la cohésion en Côte d’Ivoire, les conclusions d’une enquête menée auprès de 34 structures de cohésion sociale imposent un repositionnement du PARCNR. L’analyse des forces, des faiblesses, des opportunités et des menaces a mis en exergue la nécessité d'éradiquer les doublons pour améliorer l'efficacité des interventions publiques. C’est autour de cette vision que les forces vives du secteur se sont rassemblées.
Pour Maurice Adjé, Coordonnateur du PARCNR, cette transformation est indispensable pour que la cohésion nationale devienne un socle de développement économique et social. Selon ses dires, il est impossible de faire évoluer durablement les mentalités sans disposer en amont d'un instrument d’expertise qui guide et légitime l’action de terrain. « L'ambition est de doter le Ministère d’un programme d’appui capable d’offrir une formation initiale et continue de ses cadres en apportant des ressources à l’ensemble des structures dédiées. » déclare-t-il.
La même approche est partagée par le PNUD. Magloire N’Dehi, représentant de l'institution rappelle que les actions de paix souffrent d'un manque de visibilité. Il plaide pour que la nouvelle configuration du projet soit l’équivalent d’un centre de connaissances et d’analyses conçu pour inspirer et éclairer les décideurs dans l’anticipation des défis communautaires. « Le PNUD est engagé aux côtés du Gouvernement ivoirien sur cette question prioritairement dans la consolidation de systèmes en vue de fédérer toutes les données en permettant à la Côte d’Ivoire de documenter toutes les initiatives et les indicateurs clés dans le secteur. » ajoute-t-il.
Présidant les travaux de l’atelier au nom de la Ministre Myss Belmonde Dogo, le Directeur de Cabinet Joël Yves Kouadio rappelle que la paix n’est jamais un acquis définitif. Il exhorte dans la foulée tous les acteurs du secteur à redoubler d’efforts en s'appropriant les nouveaux outils de gouvernance moderne.
L’un des piliers de la refonte du PARCNR repose sur la digitalisation du secteur paix et cohésion à travers l’introduction du Système Intégré de Gestion du Secteur de la Cohésion Sociale (SIGES-CS). Cette plateforme numérique présentée aux acteurs vise à cartographier avec précision les interventions sur l'ensemble du territoire national. Il assurera un suivi en temps réel des indicateurs de performance.
Des travaux en commissions effectués avec les parties prenantes sur les différents axes à savoir, la digitalisation des processus du secteur, la modernisation des outils de coordination et le renforcement des capacités et qualités du service public ont débouché sur la formulation de recommandations pour repenser l'action du PARCNR après 2026.
L’une des propositions phares est la transformation du PARCNR en un Programme d’Appui au Secteur de la Cohésion Sociale (PASCS). Les experts ont toutefois insisté sur l’importance de concevoir cette transition en évitant toute confusion hiérarchique avec les structures existantes.
En outre, la formalisation des processus d'alerte précoce par l'édition de manuels de procédures internes, l’amélioration du confort visuel de la plateforme numérique et la simplification des procédures de validation font partie des priorités retenues.
Cet atelier de réflexion est le point de départ d’une mutation progressive du PARCNR. Après 2026, il ne s'agira plus seulement de faire des actions sur le terrain, mais de devenir un acteur de coordination et de structuration du secteur, de formation des acteurs et d’harmonisation des méthodes de travail et de digitalisation de la gestion du secteur grâce à un nouvel outil informatique.